Les technologies en constante évolution, les innovations émergentes et les réseaux sociaux encouragent la société à se comparer les uns aux autres, à être toujours meilleurs. Bien que le perfectionnisme ne semble souvent pas être un mauvais trait de caractère, il a un impact sur l’épuisement émotionnel et les problèmes d’estime de soi. La jeune génération souffre particulièrement du perfectionnisme et, souvent, le désir de tout faire à la perfection les conduit à l’épuisement, voire parfois à la dépression. Les réseaux sociaux, la charge de travail scolaire élevée et les attentes de la société façonnent la culture du « être le meilleur ».
Le perfectionnisme et son impact sur la santé des adolescents
Les scientifiques distinguent deux types de perfectionnisme : normal (adaptatif) et névrotique (inadapté). Selon eux, les perfectionnistes normaux sont des personnes qui éprouvent du plaisir à accomplir des activités qui demandent des efforts, qui sont capables de s’accepter telles qu’elles sont et qui comprennent que le processus menant à la réalisation d’un objectif peut être source de plaisir. Un perfectionniste névrotique ne tire aucun plaisir de la réalisation d’un objectif, il ne se sent jamais assez bien. Les perfectionnistes qui n’ont pas bénéficié d’un soutien constant de leur entourage deviennent névrosés. Dans un tel environnement, une personne ne reçoit pas de retour d’information lui permettant d’évaluer ses performances par rapport à des normes externes, ce qui lui fait douter et l’angoisse. Selon les scientifiques, le perfectionnisme névrotique est un cycle sans fin d’efforts, d’insatisfaction et d’échecs, car un adolescent est toujours en quête de reconnaissance et d’approbation, se fixant des objectifs irréalistes.
Les études menées par des scientifiques dans la culture occidentale soulignent que les attentes et les critiques des parents sont les principaux facteurs du perfectionnisme inadapté, ce qui signifie que les enfants surdoués perçoivent les attentes et les critiques de leurs parents comme une pression, ce qui provoque davantage d’anxiété et de doute de soi.
Les adolescents doués enclins au perfectionnisme adaptatif ont des expériences positives liées au perfectionnisme. Pour eux, l’ordre et le système les aident à atteindre leurs objectifs. La croissance personnelle et la réalisation de leur potentiel sont importantes pour eux. Le succès dépend d’eux-mêmes, d’après leurs dires. Les parents d’adolescents doués enclins au perfectionnisme adaptatif s’impliquent dans l’éducation de leur enfant : ils ont des attentes élevées, les aident et les soutiennent en cas de succès ou d’échec.
Les adolescents doués enclins au perfectionnisme inadapté ont des expériences négatives liées au perfectionnisme. Ils vivent le perfectionnisme comme un besoin d’ordre et de système, mais ils développent également des sentiments d’anxiété face à l’avenir, la peur de commettre des erreurs et une tension qui les empêche d’atteindre leurs objectifs. Ces adolescents ont tendance à croire que leurs qualités personnelles sont immuables et concentrent leur temps et leurs efforts sur le maintien de leur image et la recherche du bien-être. Ces adolescents ne se sentent pas pleinement responsables de leurs réalisations, ils attribuent davantage leur succès à des facteurs externes. Les parents d’adolescents doués enclins au perfectionnisme inadapté ne s’impliquent pas pleinement dans l’éducation de leur enfant et ne lui font part de leurs commentaires qu’en cas de réussite.
Le perfectionnisme peut motiver un jeune à s’améliorer, à atteindre ses objectifs, mais il peut aussi le rendre anxieux, lui faire peur de commettre des erreurs et le décevoir. Ces dernières années, on a observé que le perfectionnisme était extrêmement néfaste pour la jeune génération, dont la personnalité est encore en formation et dont la confiance en soi n’est pas très développée. Comme les élèves passent la plupart de leur temps à l’école, l’éducation revêt une importance capitale pour eux. Les adolescents essaient d’étudier autant que possible afin de réussir leurs examens avec les meilleures notes et d’entrer dans l’université de leurs rêves. Les efforts constants pour bien étudier et passer les examens rendent les jeunes anxieux et craintifs à l’idée de commettre des erreurs. On entend souvent dire que les parents et les enseignants accordent toujours plus d’importance aux notes et aux résultats des examens qu’au processus d’apprentissage lui-même, ce qui affecte également le bien-être émotionnel des élèves. Le perfectionnisme affaiblit les adolescents, car ils ressentent souvent de la tension et de l’anxiété, la peur de commettre des erreurs et de décevoir leurs parents ou leurs enseignants.
L’adolescence est une période délicate, et l’estime de soi des jeunes perfectionnistes dépend de leurs résultats. Un stress constant entraîne un épuisement émotionnel, la dépression, un isolement social, un mauvais état de santé (maux de tête, maux d’estomac, accélération du rythme cardiaque) et peut parfois conduire à des troubles alimentaires.
Le perfectionnisme a un impact négatif sur la motivation et la capacité de travail des adolescents : ils ont du mal à se concentrer, font plus souvent des erreurs, ont des difficultés à prendre des décisions et deviennent indifférents aux activités qui leur procuraient auparavant de la joie. Les adolescents deviennent plus irritables : ils sont plus rapidement déçus, réagissent de manière plus sensible à tout, commencent à penser qu’ils sont des ratés parce qu’ils ne parviennent plus à accomplir leurs tâches, se sentent épuisés émotionnellement, évitent les autres et s’isolent socialement. Parfois, les adolescents compensent leur tension et leur anxiété constantes par une alimentation excessive, des achats impulsifs ou une implication excessive dans les réseaux sociaux.
Le perfectionnisme nuit également à la santé physique des adolescents : ils se sentent constamment fatigués, ont des troubles du sommeil, souffrent de maux de tête et de tensions musculaires, leur système immunitaire s’affaiblit, ils tombent donc plus souvent malades et leur appétit change.
Comment aider les adolescents à gérer leur perfectionnisme ?
L’adolescence est une période particulièrement sensible où l’identité personnelle se forme, où l’on accorde une grande importance à la recherche de soi et à l’opinion des autres. Il est donc particulièrement important que les parents et les tuteurs soutiennent leurs enfants, les aident à contrôler leur perfectionnisme en mettant l’accent et en louant le processus lui-même, et non le résultat, et en leur expliquant qu’il est naturel de faire des erreurs et que celles-ci sont source d’apprentissage. Les enseignants et les autres membres de la communauté scolaire doivent créer un environnement d’apprentissage favorable et sûr, dans lequel les erreurs sont considérées comme faisant partie intégrante de l’apprentissage en plus de mettre en œuvre en permanence des programmes d’éducation émotionnelle et enseigner aux adolescents diverses techniques de gestion du stress. Il est tout aussi important que les adolescents eux-mêmes soient capables de se fixer des objectifs réalistes, de planifier leur temps et d’établir des priorités, de savoir se détendre, de faire des exercices de respiration et d’être physiquement actifs, car cela contribue à une bonne santé émotionnelle.
De nos jours, on accorde beaucoup d’attention à la santé émotionnelle, qui détermine notre qualité de vie. On parle de plus en plus de l’imperfection humaine et du fait qu’il est normal de ne pas savoir, de faire des erreurs et de réessayer, mais les jeunes ont encore du mal à comprendre que ce ne sont pas les résultats ou les notes qui racontent l’histoire d’une personne, mais les efforts, la croissance, le développement et le processus lui-même qui aident un jeune à devenir ce qu’il veut devenir.
